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A
la découverte des professionnels et des passionnés
des "TC" du 44...
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Pour
ce premier volet de la nouvelle série "A la découverte des
professionnels et des passionnés des TC du 44", nous avons
rencontré l'un des amateurs incontournables de tout ce qui touche
aux bus et aux cars, et plus particulièrement des réseaux TAN, LILA
et TER Pays de la Loire : Marc Gachet. Celui qui est entré
à la CNTC en 1965 et qui a exercé de très nombreuses missions
au sein du réseau urbain de l'agglomération nantaise nous ouvre
les portes d'un véritable musée des transports en commun, mais
aussi de sa carrière.
A
peine entré, le ton est déjà donné... un ancien distributeur de
titres de transport présent en station de tram nous accueille, avant
de monter les quelques marches conduisant vers la pièce de
notre hôte... pas n'importe quelle pièce puisque pour tout passionné
de transports urbains routiers, il s'agit d'une véritable mine d'or
! C'est dans son musée personnel que Marc Gachet nous accueille,
et quel musée ! Des bus et cars miniatures de diverses échelles
à n'en plus finir, exposés dans de belles vitrines... une multitude
de reliques en rapport avec les réseaux TAN et LILA, comme des girouettes,
des schémas de ligne, un ancien poteau d'arrêt "Gachet"
(pas de hasard !)... des dizaines et des dizaines de photos au mur,
représentant des bus, des trams, des cars... des calandres d'autocars
Setra... entres autres ! Mais comme toute mine d'or possède ses
secrets, inutile de tout révéler tout de suite et parlons un peu
de Marc Gachet.
Marc
Gachet est né en 1946. Passionné depuis son
enfance par les autobus il intègre la CNTC en 1965 en tant que receveur.
Il obtient le permis D en 1967 puis il devient conducteur sur de
nombreuses lignes urbaines et suburbaines du réseau jusqu'en 1976.
Puis Marc deviendra contrôleur de route ; après un passage au PCC
il deviendra chef de lignes pour l'Unité de Production de Trentemoult-Trocardière
avant une retraite bien méritée en 2004. Durant sa carrière il a
aussi effectué ponctuellement quelques services de conduite chez
des transporteurs par autocar.

En
parallèle, Marc consolide sa passion et garde tout ce qui et
en rapport avec les transports urbains nantais ; il réalise aussi
beaucoup de photos et renforce une très belle collection de modèles
réduits.
Mais,
l'intéressé saura davantage nous transmettre son savoir et nous
parler de lui, via cet interview.
| Marc,
racontez-nous votre carrière dans le
transport routier de voyageurs :
Etant
exempté de service militaire , je suis entré à la
C.N.T.C le 16 mars 1965 , j’avais à peine 19 ans
puisque je suis du mois d'avril. J’ai donc débuté
par être receveur en doublage le 1er jour sur la
ligne 30 à la Morrhonnière dès 5h45 sur l’autobus
Chausson numéro 351, impressionné de me retrouver
face à la clientèle. Le doublage des lignes durait
environ une semaine sur les deux dépôts. Ensuite
je me suis retrouvé affecté sur la ligne 11 "Crémetterie
- Vieux Doulon" et 11 barrée "Zola - Dalby"
en service du soir en 2 vacations , puis sur les
lignes 41 Lion d’or - Val d’or" et 42
"Bouvardière - Sèvres". En 1966 j’optais
pour les services du matin sur les lignes 21 et 22.
Je
suis resté receveur jusqu’à mes 21 ans, âge requis
pour passer le permis D. Début mars 1967 je commençais
les leçons de conduite à bord de l’autobus Chausson
APH 2.50 numéro 200 puis sur les autres véhicules
écoles de l’époque : les 225 et 227. Je passais
mon permis le 31 mai 1967.
Commençait
alors le doublage sur les lignes avec un autre
conducteur pendant une semaine et demie, puis j’ai
débuté seul sur la ligne 41. Pour être titulaire
du poste de conducteur il fallait 150 jours de conduite
alternée avec des journées de receveur. Début 1968
je me portais volontaire pour rouler en service
agent seul sur la ligne 24 "Roche Maurice
- La Janvraie - Chapeau Verni" puis sur les
lignes extérieures : la Y "Nantes - Bouguenais
- La Montagne", et la Z "Nantes -
Basse Indre - Couéron". J’obtenais aussitôt
un service de remplacement sur ces lignes, et ce
jusqu’en 1974 sur différents roulements En 1974
j’ai opté pour les lignes urbaines en services de
remplacements sur les lignes 40 et 62 : la 40 avec
les SC 10 U puis la 62 agent seul avec les chausson
jaune & bleu, puis enfin sur les 21 et 22
. En service aussi sur la ligne 40 en 1975 puis
en 1976 sur la ligne 56 "Tillay - Malakoff"
qui fut ma dernière en temps que conducteur.
Je
passais cette année là le concours de contrôleur
et dès le 1er juillet 1977 j’exerçais ce métier
de contrôleur de route jusqu’en 1979 où j'acquis
un poste de station en remplacement sur Commerce
et St Nicolas : poste que j’ai occupé pendant un
an avant d'être affecté au Commerce. En 1985, avec l’arrivée
du tramway, nous tournions sur les stations Commerce,
St Nicolas et Haluchère.
Puis
j'effectue un passage très court au PCC : un poste
qui ne me convenait pas du tout.
En
1988 je postule pour le poste de chef de lignes
et je suis muté à Trentemoult jusqu’à ma fin de
carrière : je me suis occupé des lignes 42, 37,
et les Circuits de nuit avant de prendre la partie
affrêtée du sud loire : les lignes 88, 89, 94, 97,
98 et 99. Je termine le 26 Mars 2004.
En
dehors, j’ai fait beaucoup d’extra chez les transporteurs
: Voyages Hureau à Basse Indre , Voyages Ringeard
à Rezé et Touvois, Voyages Ripoche et Autocars Groussin
à Saint Philbert de Grand Lieu jusqu’en 1989, surtout
pour la conduite sur des services scolaires.
Les métiers de la CNTC
puis de la SEMITAN ont-il beaucoup évolué durant votre carrière au sein
de l'entreprise ?
Oui
effectivement entre 1965 et 2004 beaucoup de changements.
La disparition des receveurs dans les autobus ,
le conducteur devenait au fil des années un conducteur-receveur
: cela à commencé en 1963 avec la ligne "23
Roche Maurice – Léon Bureau" puis, en 1967
la ligne 40, jusqu'en 1977 sur les lignes 32 et
34. Un grand changement avec l’arrivée du tramway
en 1985 et l’évolution continue tout le temps. Les
contrôleurs de route et stations connaissent eux
aussi des changements avec en 1979 la création des
chefs de lignes, responsable d’un groupe de lignes
du réseau, puis le nouveau métier régulateur au
PCC. La conduite aussi évolue avec le tramway et
les autobus articulés.
Selon
vous, les métiers de la SEMITAN sont-ils plus difficiles
aujourd'hui ?
Pour
moi on ne peut pas dire plus difficile, seule
les mentalités ont changé. La conduite est moins
fatigante avec les boîtes de vitesse automatiques
; certes il y a bien plus de circulation. Cependant
il y a moins d’heures hebdomadaires de travail,
les jours de repos sont aussi plus rapprochés. Avant
il fallait travailler 6 jours sur 7 avec un Dimanche
toutes les 7 semaines ! Aujourd’hui nous parlerons
plus de fatigue nerveuse dûe au stress.
Avez
vous des souvenirs marquants au sein de la CNTC
puis de la SEMITAN ?
Le
premier reste l’obtention de mon permis D : je
réalisais mon rêve d’enfant, celui de conduire
un bus Chausson. Il y a aussi ma première collision
avec une voiture, j’étais vexé au fond de moi (c’était
avec le 224 sur un service des Batignolles ). Autre
rêve aussi, rouler sur les lignes extérieures Y
et Z qui a été une période marquante pour
moi. Ensuite, en 1973, la prise en main des premiers
Mercedes O 305, des autobus que j’avais découvert
avant dans une revue, puis l’arrivée des premiers
articulés que je n’ai pas conduit en exploitation
puisque je venais d’être nommé contrôleur. Je retiens
aussi ma nomination au poste de contrôleur de station,
métier que j’ai beaucoup aimé pour le contact avec
les conducteurs et la gestion du temps réel : pas
un travail de routine, puisque chaque jour
était différent. Et enfin le passage par Responsable
de lignes surtout mes 10 dernières années avec l’affrêtement.
Vous avez conduit ou vu circuler de nombreux types de matériel roulants.
Avez-vous des préférences envers un ou plusieurs véhicules en particulier ?
Oui,
dans ma vie professionnelle j'ai eu l'occasion de
conduire et tester pas mal de véhicules différents,
notamment tous les types de Chausson au début, puis
une majorité des bus et trams de la SEMITAN ainsi
que les autocars des sociétés dans lesquelles j'ai
travaillé. Mes préférences vont aux Chausson, puis
aux Setra dont les SG 180 M. Il y a aussi les Mercedes
en tous genres et, un bon souvenir avec le Mégabus
de démonstration.
Vous avez participé activement à la rénovation lourde des autobus articulés
Heuliez Mercedes O 305 G, notamment à l'élaboration du bus 761, prototype.
Racontez-nous en quelques mots cette expérience.
J’avais
été choisi par mon responsable d’exploitation avec
un groupe de conducteurs pour préparer la rénovation
du 761 qui allait aussi être appliquée à la série
de bus allant du 777 au 796. Ce fut une expérience
intéressante avec beaucoup de discussion avec
les conducteurs participants, avec visite de la
rénovation à Dalby, et grâce aux avis des conducteurs il
a été question de la sécurisation du poste
de conduite en installant la cabine des GX 44.
Parallèlement à votre métier vous êtes un passionné, détenteur d'un véritable
petit musée. Présentez-nous brièvement votre collection.
Ma
collection, c’est 1150 autocars et autobus
de tous types et de toutes échelles confondues
; mais aussi 650 véhicules d’incendie , les taxis
du monde, et les véhicules de la Poste. Un total
de près de 2000 unités.
D'où vous vient cette passion des transports urbains
?
Je
suis né près de l’ancien dépôt de bus de Dalby,
et après la guerre mes parents sinistrés ont été
relogés à la Crémetterie d’où je prenais le bus
pour aller chez mes grands parents le jeudi et dimanche.
J'allais à Dalby, donc ma mère me conduisait
au Repos de Chasse et m’installait près du receveur
( je n’avais que 5 ans) et ma grand-mère m’attendait
à l’arrivée ; j'étais connu de tous les
conducteurs et receveurs de la ligne A de l'époque
et au terminus je tournais les bandeaux de destination,
d'ailleurs sur les Renault 215 D le conducteur
me prenait sous les bras pour me monter sur le pare-choc
, puis il m’installait au volant pendant le temps
de régulation , depuis ce moment je suis dans
l’air des transports en commun et j’en ai fais
mon métier .
Grâce à Internet, les passionnés peuvent se retrouver grâce à des sites web ou
des forums. Que pensez-vous de ces points de ralliement des amateurs de bus,
tram et autres moyens de transport de voyageurs ?
Que
les passionnés se retrouvent est une bonne chose,
mais ils ne doivent pas dériver dans le secret
professionnel qui pourrait porter atteinte aux personnels
exécutifs des entreprises de transport. Je trouve
positif l’échange de documents techniques et photographiques.
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Revenons
maintenant sur ce mystérieux "musée" évoqué
plus haut. Marc l'a indiqué, la collection est composée
au total de 2000 véhicules, et plus particulièrement,
pas moins de 1150 bus et cars de diverses échelles,
de diverses modèles : Mercedes, Setra, Renault,
APTS, MAN, Saviem, Berliet, Solaris... la diversité
est aussi impressionnante que l'ensemble de cette
collection de modèles réduits, présentés dans un
univers réellement magique pour tout amateur !
Si
ce musée est consacré en large partie aux transports
en commun d'un peu partout, une très belle place
a été laissée aux réseaux de Loire-Atlantique. Le
réseau TAN en tête, avec des bus miniatures rappelant
l'histoire de la CNTC puis de la SEMITAN, avec des
bus et des décorations d'hier et d'aujourd'hui
: du Chausson APH 2.522 au Mercedes Citaro G, la
liste est longue ! Chacun peut réellement s'attarder
sur de superbes répliques, comme les Saviem SC10
U, Berliet PR100 Mi, Setra S 140 ES et Mercedes
O 305 en livrée orange et verte. Les autocars
du département sont aussi de la partie puisqu'on
peut apercevoir une belle composition du parc des
Autocars Groussin composé de Berliet, Renault et,
bien évidemment, de Setra en tous genres, avec des
livrées Groussin de tous types, mais aussi certains
cars abordent la découpe Atlantic' ou encore Lila.
La CTA est aussi représentée avec des autocars aux
couleurs des lignes régionales.
Marc
s'est en effet confectionné des véhicules des entreprises
locales dans son propre atelier dans lequel il adapte
si besoin les modèles (nombre de portes, vitres...)
et leur décoration. Un travail précis et minutieux
qui peut prendre plusieurs jours pour un seul et
unique autocar.
Au-delà
des cars et bus locaux, la collection de modèles
réduits comprend des exemplaires plus conventionnels
avec par exemple des Setra S 431 DT, des Mercedes
O 405 N, des Renault Iliade... inutile de préciser
qu'avec tous ses véhicules, Marc pourrait créer
une belle régie et un beau réseau de transports
!
Ensuite,
le musée est tout aussi bien garni de photos. Il
y en a à peu près partout, sur tous les murs. Majoritairement,
elles évoquent le réseau TAN mais aussi des autocars
du département. On trouvera ici et là des posters,
un poteau d'arrêt de bus "Gachet" des
lignes 72 et 76, mais aussi une girouette à pastilles,
une autre à film, puis des logos de grandes marques
d'autocars, des calandres de Setra, des plans de
ligne, des dizaines et des dizaines de classeurs
remplis de photos...
Une
authentique salle au trésor comme il en existe finalement
peu... une salle au trésor qui laisse rêveur. Marc
ne peut que se féliciter d'avoir pendant de nombreuses
années, conservé et contribué à l'évolution de ce
musée, de son musée.
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Un
aperçu de cette pièce de collection, avec une vitrine
remplie d'autocars et d'autobus bien entreprosés,
mais aussi, quelques reliques mythiques sont présentes
au-dessus de nos têtes...

Les
Autocars Groussin sont à l'honneur dans cette vitrine
avec des autocars de tous types repeints par Marc aux
couleurs du transporteur de Saint Philbert de Grand
Lieu. Du S53 M au S 315 UL, il y en a pour tous
les goûts !

Les
autobus nantais sont bien représentés : de la CNTC
à la SEMITAN, le parc est bien garni avec des Chausson
APH 2.522, des Saviem SC10 U, des Renault PR100
Mi, des Mercedes Citaro, et bien d'autres...

Le
SC10 U numéro 486, presque aussi vrai que l'original
!

Un
atelier avec établi est aussi présent ! C'est ici
que les autobus et autocars miniatures sont modifiés
et entretenus. On peut d'ailleurs apercevoir trois
superbes reliques des bus Nantes City Tour en préparation.
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Remerciements à Marc
Gachet pour avoir participé à cet interview et pour avoir ouvert
les portes de son musée.
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